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Un peu d'histoire

Le laboratoire d’Anatomie Normale de la faculté de Médecine de Nice a été créé en même temps que la faculté de médecine, en 1969. Il est situé au 6ème étage de la tour de la faculté, sur le site de l’hôpital PASTEUR.


L’Histoire ancienne. L’enseignement de l’Anatomie et de la médecine dans le Conté de Nice (d'après H. Richelme dans "Histoire de la faculté de Médecine de Nice" par P. Rampal).


Le premier enseignement officiel de l’anatomie à Nice date de la création de « l’Université de Nice » et de son « école de Médecine et de Chirurgie » par les rois sardes Victor Amédée et Charles-Emmanuel III entre 1720 et 1738. Pour obtenir le premier des 3 examens nécessaires pour exercer leur art, les chirurgiens en formation devaient satisfaire à une épreuve d’anatomie topographique et à des opérations sur cadavres…


Les salles d’anatomie et de dissection se trouvaient à proximité des hôpitaux. Nice possédait à cette époque 3 hôpitaux ou hospices : l’hôpital de la Croix, ouvert aux pauvres et aux infirmes en 1636, l’hôpital Saint-Roch (ancien hôpital Saint-Eloi) et l’hospice de la Charité, « dans la vieille ville, à l’est de la ville et aux pieds du château ». Les travaux pratiques sur cadavres n’avaient lieu que durant les mois d’hiver afin d’éviter les nuisances liées à la décomposition en l’absence de systèmes de conservation.


Le rattachement à la France juste après la Révolution, prononcé en 1793, fait de Nice le chef-lieu du département des Alpes-Maritimes. L’école de chirurgie et de médecine fut alors immédiatement fermée par la République et les établissements d’enseignement furent rattachés à l’université d’Aix.

Plus tard, la chute du premier empire provoqua l’occupation de la région par l’armée de l’Empereur d’Autriche au profit du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel.


Le rétablissement d’un système académique géré par l’état sarde est envisagé mais le 24 mars 1860, Nice et la Savoie reviennent de Nouveau à la France par le traité de Turin.


Pour la première fois au monde, selon le principe « du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », les peuples du comté de Nice et de Savoie approuvent par référendum l’exécution d’un traité, celui du rattachement de Nice et de sa région à la France : L’enseignement de la médecine à Nice fut donc de nouveau rattaché à la circonscription académique d’Aix et à la Faculté de Médecine et Pharmacie de Montpellier.


Malgré le « retrait » officiel des instances académiques, le dynamisme et la renommée des hôpitaux de Nice sont grands au cours de la première moitié du XXème siècle. L’augmentation régulière du bassin de population de la Côte d’Azur, encore accentuée après 1962 par l’installation d’une grande partie des « rapatriés d’Algérie » rendit nécessaire la création d’une « Université de Nice », indépendante de celle d’Aix-Marseille.

Celle-ci fut créée par décret le 22 juillet 1965. Au sein de cette université devait être installée une « Ecole Nationale de Médecine ».



L’Histoire récente. L’école anatomique de Nice. L’héritage de l’école anatomique d’Alger. Le doyen fondateur René BOURGEON.


A partir du milieu des années 60, le professeur René Bourgeon fut chargé d’élaborer le programme pédagogique, de trouver un terrain pour édifier un bâtiment destiné à l’enseignement de la médecine et de superviser son financement : il fut le doyen fondateur de l’école de médecine devenue rapidement « Faculté de Médecine de Nice ».


René Bourgeon, né en Algérie dans le constantinois en 1912, était un chirurgien et un professeur d’Anatomie issu de la très remarquable école anatomique d’Alger dont les travaux eurent un rayonnement continu depuis sa création par son pionnier militaire, le médecin général inspecteur L.J. Baudens.

Les plus illustres chefs de l’école anatomique d’Alger furent les professeur Paulin TROLARD qui laissa son nom à plusieurs structures anatomiques (la veine cérébrale anastomotique supérieure (veine de TROLARD), le ligament costo-lamellaire (ligament de TROLARD) et à l’articulation unco-vertébrale (dite de TROLARD)), le professeur Jean Amédée WEBER (embryologie et morphogénèse humaine et comparée), le professer Emile LEBLANC et le professeur René-Marcel de RIBET, auteur d’un monumental traité de neuro-anatomie.


Elève du professeur de RIBET, René BOURGEON soutint sa thèse de doctorat en médecine à Alger en 1940 sur les kystes hydatiques du cœur.


Il dû momentanément abandonner de nombreux travaux anatomiques en cours pour servir en tant qu’officier du Service de Santé des Armées au sein du corps expéditionnaire français pendant les 5 ans et demi du second conflit mondial.

Là, il occupa des fonctions de chirurgien chef du 1er bataillon du 19ème Régiment de Tirailleur Algérien. Il prodigua des soins aux militaires et civils blessés au cours des batailles les plus sanglantes de ce conflit jusqu’à la libération de l’Europe nazie : la campagne de Tunisie (39/40), la campagne d’Italie (43/44), de Provence (44/45) et la campagne d’Allemagne (44/45). C’est là qu’il obtint la Croix de Guerre et qu’il fut élevé au rang de chevalier puis d’officier de la Légion d’Honneur.


Au début des années 60, un nouvel événement politique majeur eut pour conséquence une nouvelle interruption momentanée des activités cliniques, de recherche et d’enseignement du professeur René BOURGEON : la signature des accords d’Evian, le 18 mars 1962, provoqua l’exode massif vers la France métropolitaine d’un million de français d’Algérie : les « pieds-noirs ».

Les enseignants de l’ancien département algérien de l’université furent d’abord réintégrés par le ministère de l’Education Nationale. Le professeur BOURGEON obtint une titularisation dans la faculté de médecine de Poitiers, puis à la faculté de Médecine de Marseille avant de choisir de s’installer dans le secteur libéral à Nice. C’est là qu’il émettra le vœu de créer notre faculté de Médecine.



Le Pr. René-Marcel de RIBET et le Pr. René BOURGEON


Le professeur de RIBET, maître du professeur René BOURGEON était titulaire, avant l’indépendance de l’Algérie, de la chaire d’Anatomie de la faculté de médecine d’Alger de 1940 à 1962. Pour son élève René BOURGEON, une nouvelle chaire « d’Anatomie médico-chirurgicale et technique chirurgicale » fut créée en 1957 et s’individualisa parallèlement à la chaire d’Anatomie dont le titulaire restait René-Marcel de RIBET. Après l’indépendance, René-Marcel de RIBET fut affecté à Montpellier où il termina sa carrière.

L’Institut d’Anatomie normale de la toute nouvelle faculté de Médecine de Nice, dirigée initialement par le doyen-fondateur de la faculté, s’inscriva donc naturellement dans la continuité de la « chaire d’anatomie médico-chirurgicale et technique chirurgicale de la Faculté de Médecine d’Alger » du professeur René BOURGEON : il s’agissait de développer une anatomie pratique, centrée sur la clinique et en particulier sur la chirurgie et la recherche chirurgicale.



L’école anatomique de Nice : l’héritage marseillais et « l’autonomisation ».


Dès ses premières années d’existence, les responsables institutionnels de la faculté de médecine de Nice cherchèrent à étoffer le corps enseignant en nommant des professeurs issus d’autres facultés. Parmi ceux-ci, le professeur Henri RICHELME, professeur d’Anatomie à la faculté de médecine de Marseille, pris ses fonctions niçoises au début des années 70. Chirurgien généraliste, il fut affecté, après une période à l’hôpital de Grasse, au centre Antoine Laccassagne, Centre Régional de Lutte Contre le Cancer de Nice. En 1978, il fut nommé chef du service de chirurgie générale, abdominale et thoracique de l’hôpital Pasteur après le départ du professeur Louis BARRAYA. Parallèlement à une intense activité chirurgicale, Henri RICHELME succéda au doyen-fondateur René BOURGEON à la tête de la faculté de médecine de Nice où il exerça son décanat jusqu’en 1985.


La qualité des cours qu’il dispensa aux étudiants niçois, son autorité naturelle, son charisme et sa chaleur humaine marquèrent profondément plusieurs générations d’étudiants et de jeunes chirurgiens niçois. Il forma plusieurs dizaines de chirurgiens digestifs et thoracique dans la région niçoise mais aussi de toute la France puisqu’il fut, pendant 14 ans, président du Conseil National des Universités de chirurgie digestive.

Parmi ses élèves, le professeur André BOURGEON, fils du doyen-fondateur René BOURGEON lui succéda à la tête du laboratoire d’Anatomie normale au milieu des années 80.



Le Pr. Henri RICHELME et le Pr. André BOURGEON



André BOURGEON poursuivit l’œuvre d’Henri RICHELME en reprenant la chefferie de service de chirurgie générale et en formant également plusieurs anatomistes chirurgiens en activité aujourd’hui. Son activité d’inlassable enseignant et de chirurgien digestif et thoracique marqua un tournant dans l’individualisation de l’école anatomique et chirurgicale de Nice car il fut le premier enseignant de cette discipline issu de l’école niçoise. André BOURGEON développa en particulier la recherche sur la transplantation hépatique et pulmonaire, ainsi que plusieurs thèmes de recherche en Anatomie Chirurgicale destinés à améliorer la prise en charge des patients opérés de cancers digestifs ou d’urgences chirurgicales.




Le Pr. Henri RICHELME entouré de ses élèves